La plupart des visiteurs d'un site B2B repartent sans remplir de formulaire. Pourtant, une entreprise qui lit votre page tarifs trois fois dans la semaine envoie un signal d'intérêt clair. La question est de le capter sans franchir la ligne de la vie privée.
Ce qu'une visite permet de déduire
L'adresse IP d'un visiteur connecté depuis le réseau de son entreprise peut souvent être rattachée à cette entreprise. On obtient alors un nom de société, un secteur, une ville, et les pages consultées. On n'obtient pas, et l'on ne doit pas chercher à obtenir, l'identité de la personne derrière l'écran.
Le rattachement échoue pour une part importante du trafic : connexions mobiles, télétravail sur une box personnelle, VPN. Il faut le savoir pour ne pas sur-interpréter les chiffres.
Ce que dit le cadre européen
- Une adresse IP est une donnée personnelle au sens du RGPD : sa collecte doit reposer sur une base légale et être annoncée dans la politique de confidentialité.
- Le dépôt de traceurs non essentiels sur le terminal demande un consentement préalable, recueilli par le bandeau cookies.
- Identifier nommément un visiteur européen à partir de sa navigation, comme le font certains outils américains, n'est pas compatible avec ce cadre.
Une approche défendable
- Se limiter à l'entreprise, jamais à la personne, pour les visiteurs européens.
- Ne rien déposer sur le terminal sans consentement.
- Conserver les visites peu de temps et les agréger au niveau du compte.
- Le dire clairement dans la politique de confidentialité.
Savoir qu'une entreprise s'intéresse à vous suffit pour agir. Savoir qui, précisément, n'apporte rien de plus qu'un risque.